Madiop YADE

Laboratoire de Climatologie et d’Environnement (LCE), Département de Géographie, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Cheikh Anta Diop (UCAD), BP 5005, Dakar, Sénégal madiop.yade@ucad.edu.sn

Résumé :

Au Sénégal, la littérature montre que le secteur agricole est largement touché par les aléas climatiques. Dans la zone des Niayes l’agriculture est dominée par les cultures maraîchères dont l’irrigation se fait à partir de la nappe phréatique. Cependant, la sécheresse des années 1970-1980 a mis cette zone dans une situation précaire en termes de dégradation des ressources favorables à l’agriculture. Cette sécheresse s’est manifestée par un déficit pluviométrique et une augmentation des températures, ce qui a engendré la baisse du niveau de la nappe phréatique, impactant du coup la disponibilité de la ressource en eau d’irrigation des cultures maraîchères. La commune de Sangalkam, partie intégrante des Niayes, n’est pas épargner par ce phénomène. L’objectif de cet article est d’étudier la variabilité climatique et ses impacts sur les ressources en eau, ainsi que les techniques de production déployées dans la commune de Sangalkam pour une gestion durable de l’activité maraichère. La variabilité climatique est analysée à travers l’évolution des précipitations et des températures pour la période allant de 1951 à 2022. Les données climatiques, extraites de la station de Dakar-Yoff, sont recueillies au niveau de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM). Les données socio-économiques sont obtenues au niveau de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) mais aussi à travers une enquête de terrain réalisée auprès des maraichers de la zone. Les résultats révèlent une forte variabilité interannuelle des précipitations, doublée d’une baisse de 19,6 % de leur cumul annuel. Les températures quant à elles ont connu globalement une hausse, surtout pendant la sous période 1996-2022 avec un Indice Standardisé des Températures (IST) moyen de 1,27 et un maximal de 2,6 en 2020. L’effet combiné de la variabilité pluviométrique et de la hausse des températures a comme conséquences une baisse de la nappe phréatique et une réduction de la disponibilité des ressources en eau pour l’irrigation. Face à cette contrainte, les maraichers ont déployé de nouvelles techniques d’irrigation et de production pour une gestion optimale des ressources hydriques et une durabilité de leur activité.

Mots clés : Ressources en eau, système de production, culture maraichère, Sangalkam

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