Résumé
L’Afrique subsaharienne connaît une urbanisation rapide, particulièrement dans
les zones périurbaines où les infrastructures hydrauliques et d’assainissement
demeurent insuffisantes. Face aux limites des réseaux publics, les ménages
recourent massivement aux forages individuels ou communautaires, qui assurent
une grande partie de l’approvisionnement domestique. Cependant, ces ouvrages
présentent souvent des faiblesses techniques : profondeur inadaptée, absence de
scellement, proximité de sources de pollution et manque de dispositifs de
protection. Ces vulnérabilités favorisent des contaminations microbiologiques et
chimiques, confirmées par de nombreuses analyses révélant la présence fréquente
de coliformes fécaux, d’E. coli, de nitrates ou de métaux, rendant l’eau obtenue
non conforme aux normes de potabilité.
Cette situation révèle l’écart entre l’usage quotidien des forages et les standards
d’« eau potable ». La majorité des forages privés échappent au contrôle
institutionnel, ne font l’objet d’aucune surveillance régulière et ne peuvent être
certifiés. D’où l’intérêt opérationnel de la notion d’« eau de boisson », qui désigne
l’eau réellement consommée, même lorsqu’elle ne satisfait pas l’ensemble des
exigences sanitaires. Cette distinction permet de mieux caractériser les risques et
d’adapter les interventions : amélioration des protections physiques, contrôles
ciblés, traitements domestiques, et intégration progressive des forages dans les
cadres réglementaires. Elle constitue un outil essentiel pour renforcer la sécurité
sanitaire de l’eau dans les environnements urbains et périurbains.
Mots-clés : Urbanisation périurbaine, qualité des forages, contamination hydrique, eau de
boisson et gestion des risques

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