Résumé
Cette étude explore les transformations socio-économiques et foncières
suscitées par la Compagnie Sucrière du Tchad (CST) dans le canton de Banda.
Elle s’appuie sur une approche mixte combinant une enquête auprès de 80
ménages, des entretiens semi-structurés, des observations pratiques ainsi que
l’analyse de divers documents. Les résultats démontrent que la culture de la
canne à sucre a considérablement modifié l’économie locale, favorisant une
transition d’un modèle agricole basé sur l’autosuffisance vers une économie
salariée axée sur les plantations. À présent, une majorité des foyers dépend du
revenu associé à la CST, alors que 57,5 % évoquent une réduction de leurs
terrains agricoles qui dépasse souvent les 3 hectares.
Ces transformations s’accompagnent d’une escalade des conflits liés à la
propriété, d’une augmentation des tensions entre les populations locales et les
migrants, ainsi que d’un développement urbain rapide caractérisé par une
saturation des services sociaux. Bien que l’industrie agroalimentaire ait favorisé
le développement des infrastructures et l’augmentation du taux de scolarisation,
elle a aussi exacerbé les inégalités socio-spatiales et affaibli les droits coutumiers
liés à la terre. La recherche conclut que la pérennité du développement local
reposera sur une gouvernance foncière ouverte, des systèmes de compensation
clairs et une planification territoriale qui prend en compte les dynamiques
communautaires.
Mots-clés : canne à sucre, domaine agro-industriel, propriété terrienne,
mouvements communautaires, développement rural, Tchad, géographie du
développement.
Socio-economic effects of sugarcane cultivation on community and land
dynamics in the Banda canton (Moyen-Chari, Chad)

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