Résumé
Cette étude se penche sur l’impact environnemental des opérations de la
Compagnie Sucrière du Tchad (CST) dans la plaine de Banda, qui se trouve dans
le Moyen-Chari. En se basant sur une approche diachronique issue d’images
Landsat (1990-2020), de données relatives au sol et à l’eau, ainsi que de 95
interviews, la recherche met en évidence une transformation notable des
dynamiques paysagères et écologiques. Les résultats montrent une baisse marquée
des savanes et des forêts claires (-38%), une expansion majeure des plantations de
canne à sucre (+182%) et un appauvrissement significatif des zones humides (-
27%). Par ailleurs, le bassin du Chari subit une pression considérable sur ses
ressources hydriques, comme l’indiquent la hausse de 57% des prélèvements d’eau
et la baisse de 24% du débit pendant la saison sèche. On observe une dégradation
notable des sols, caractérisée par une baisse de la matière organique, une
augmentation de l’acidité et un doublement du degré d’érosion. On observe une
baisse significative de la biodiversité (de –30 à –42 % selon les indicateurs). Ces
tendances trouvent une confirmation dans les perspectives des communautés
locales, témoignant d’un rapprochement entre la science et l’expertise paysanne.
L’étude conclut que le système agro-industriel actuel exacerbe la vulnérabilité
écologique de la zone et requiert l’implémentation de plans de gestion durable
intégrés.
Mots-clés : agro-industrie, canne à sucre, occupation du sol, hydrologie, dégradation des sols,
biodiversité, géographie environnementale, Tchad, Moyen-Chari.

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