Résumé
Cet article interroge les contradictions structurelles qui traversent l’Afrique centrale, où les ressources naturelles demeurent simultanément un support vital pour les populations et un levier stratégique de croissance économique pour les États, tout en générant des externalités environnementales majeures. Si la mise en exploitation des ressources extractives s’inscrit au cœur des projets nationaux d’industrialisation, l’urgence des enjeux climatiques et des exigences de transition écologique impose de reconfigurer les trajectoires de développement. L’impératif de « penser un monde vert » dans un espace soumis à des logiques extractivistes intensives conduit ainsi à envisager l’émergence de politiques publiques communautaires orientées vers la soutenabilité écologique et l’acceptabilité environnementale. En partant de la théorie de l’action publique communautaire et la perspective crozienne de l’acteur stratégique, l’étude analyse les dynamiques d’interactions situées entre les acteurs engagés dans la conception et la mise en œuvre de ces politiques. Elle met en évidence les jeux de pouvoir, les ressources mobilisées, les logiques de légitimation et les modes de coordination qui structurent la fabrique de l’action publique en contexte extractif. En éclairant les conditions de transfert, de diffusion et de circulation des compétences, l’article propose une lecture renouvelée du rapport conflictuel entre extractivisme et environnement, et des possibilités de recomposition des modèles de développement en Afrique centrale.
Mots clés : Extractivisme ; Afrique centrale ; transition écologique ; gouvernance environnementale ; action publique.