Laouna OUANG-YANG, Université de Yaoundé 1 (Cameroun), ouangyanglaouna@gmail.com, https://orcid.org/0009-0002-2381-6937
Roland NODJIBEYE, Université de Yaoundé 1 (Cameroun), nodjibeyeroaland@gmail.com
Résumé
Cette étude examine en profondeur la problématique de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes dans la ville de N’Djaména, au Tchad, en mettant l’accent sur les disparités structurelles entre les diplômés de l’enseignement général et ceux issus de la formation professionnelle à orientation pratique. Dans un environnement urbain marqué par une précarité systémique et une inadéquation croissante entre les qualifications académiques classiques et les besoins réels du marché de l’emploi, cette recherche exploratoire adopte une méthodologie mixte, combinant approches descriptives et participatives. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 135 jeunes : 75 diplômés du système général et 60 issus du centre de formation professionnelle BAB AL AMAL. L’analyse comparative des données révèle que la formation professionnelle courte et technique favorise une insertion nettement plus réactive et pérenne : 62 % de ses diplômés accèdent à une activité génératrice de revenus dans un délai inférieur à six mois, tandis que seulement 24 % de leurs homologues de l’enseignement général parviennent à ce résultat. L’étude mobilise le coefficient de corrélation de Pearson, qui affiche une valeur de r = 0,78 (p < 0,05), confirmant ainsi un lien statistique fort et positif entre l’acquisition de compétences techniques spécifiques et la réduction du temps de latence avant l’emploi. Les résultats démontrent que le savoir-faire pratique agit comme un catalyseur d’autonomisation et de résilience, alors que les parcours académiques longs se heurtent aux barrières d’un secteur formel saturé et exigeant une expérience opérationnelle immédiate. L’article conclut sur l’urgence de réformer les politiques éducatives tchadiennes en valorisant l’enseignement technique et en renforçant l’appui institutionnel à l’auto-emploi, leviers indispensables pour réduire les fractures socio-économiques au sein de la jeunesse n’djaménoise.
Mots-clés : Insertion socioprofessionnelle, Disparités, Formation professionnelle, Enseignement général, N’Djaména, Tchad.