1Elysée TCHONBOURBO et 2Ludovic Baïsserné PALOU
1Doctorant, Département de Géographie, Université de Ndjamena, Tchad, E-mail : elyseetchonbourbo@gmail.com
2Maître de Conférences (CAMES), Département de Géographie, Université de Pala, E-mail : paludovbapa@gmail.com
Résumé
La gestion des conflits fonciers dans la province du Mayo-Kebbi Ouest au Tchad repose sur une pluralité de mécanismes combinant normes coutumières, dispositifs étatiques et instruments hybrides tels que les conventions locales Dans un contexte marqué par une pression accrue sur les ressources naturelles, la multiplication des conflits agropastoraux et la transformation des rapports d’accès au foncier, la question de l’efficacité de ces mécanismes se pose avec acuité. Cet article analyse la gouvernance hybride des conflits fonciers à partir d’une approche empirique fondée sur des enquêtes de terrain. Les résultats montrent que les mécanismes coutumiers demeurent les plus sollicités en raison de leur forte légitimité sociale et de leur accessibilité, mais qu’ils présentent des limites liées aux rapports de pouvoir et à leur faible formalisation. Les institutions formelles apparaissent peu efficaces, en raison de leur faible accessibilité et du manque de confiance des populations. Quant aux mécanismes hybrides, ils constituent des innovations pertinentes, mais restent fragiles et insuffisamment opératoires. L’étude met en évidence les limites structurelles de cette gouvernance hybride et souligne la nécessité d’une meilleure articulation entre les systèmes pour une gestion durable des conflits fonciers.