Juluis Sègbégnon ZOSSOU et Akibou Abaniché AKINDELE
Laboratoire Pierre Pagney ‘’Climat, Eau, Ecosystèmes et Développement’’ (LACEEDE) Université d’Abomey-Calavi, 01 BP 526, Cotonou ; juluis.zossou@gmail.com / +2290196399655 ; akybson@yahoo.fr / +2290197138791
Résumé
Chaque année, la montée des eaux du fleuve Ouémé perturbe profondément le quotidien des habitants, affectant leurs logements, leurs cultures et leurs activités économiques. Dans ce contexte, les déplacés climatiques de la BVO développent des stratégies pour y faire face. La présente recherche vise à répertorier les stratégies organisationnelles mise en œuvre par ces déplacés face aux migrations climatiques dans la basse vallée de l’Ouémé (BVO).
L’approche méthodologique repose sur la collecte de données auprès de 187 déplacés climatiques. Le traitement des données a été effectué avec des logiciels KoboCollect et Excel 2013. L’efficacité des stratégies a été analysée à l’aide d’une approche multicritère fondée sur trois dimensions : l’aspect économique, l’aspect social et l’aspect environnemental.
Les résultats montrent que, face aux crues du fleuve Ouémé, les populations mettent en place un ensemble de stratégies organisationnelles pour anticiper les effets des inondations. Il s’agit notamment de l’adoption des variétés de culture à cycle court (20 %), le renforcement ou la modification de la structure des habitations et des enclos (50 %), des récoltes précoces et la vente des produits agricoles (18 %), la réfection ou la fabrication des pirogues (5 %), l’installation des ponceaux traditionnels (5 %). L’achat de parcelles et location des chambres dans les zones d’arrivée (2 %). Ces stratégies visent à protéger les biens, assurer la continuité des activités agricoles. Loin d’être improvisées, ces stratégies témoignent d’une capacité d’anticipation qui permet, dans bien des cas, de retarder ou d’éviter le recours à la migration.
Mots clés : BVO, migrations climatiques, déplacés climatiques, stratégies organisationnelles