Dionnodji TCHAÏNÉ
Centre d’études des langues du Tchad (CELT)/Département de Sciences du Langage
Université de N’Djamena
Résumé
En Afrique, en général et, au Tchad singulièrement, plusieurs théories d’apprentissage et/ou approches pédagogiques « importées », ont été implémentées. Cependant, leur inadaptation à l’environnement socio-éducatif plurilingue, qui caractérise nos pays où le français cohabite avec les langues endogènes, n’a, souvent pas favorisé l’atteinte des résultats escomptés : les niveaux d’acquisition des apprenant.e.s demeurent faibles, pire, se dégradent. Pour y remédier, des innovations pédagogiques dont l’APC et la PdT, entre autres, sont expérimentées. L’introduction de l’enseignement en/des langues maternelles des apprenant.e.s, continuellement expérimentée, présente en réalité, des résultats mitigés ; mais, apparaît comme l’un des facteurs contributifs à la réussite des apprentissages scolaires. Le présent article vise à montrer comment la théorie du « Trilinguisme extensif », qui se veut un ensemble des stratégies d’enseignement/apprentissage en contexte multilingue, fondée sur l’implication des acquisitions en langues maternelles dans le processus d’enseignement/apprentissage, née de l’expérience du Projet de recherche opérationnel pour l’enseignement des langues camerounaises (Propelca), s’avère une alternative et un palliatif pour divers contextes éducatifs, dont celui du Tchad.
Mots-clés : acquisition – enseignement bilingue– enseignement bivectoriel – innovation pédagogique – langues maternelles – trilinguisme extensif.