Hadidjatou Iyawa Ousmanou
Université de Ngaoundéré-Cameroun, hadidjatouiyawa.ousmanou@gmail.com
et
Jean Marie Wounfa
Université de Ngaoundéré-Cameroun, wounfa@yahoo.com
Résumé
L’objectif de cet article est de montrer que le rite et la littérature d’intronisation sont intimement liés dans les sociétés africaines en général et camerounaises en particulier. Afin d’interroger leurs interactions et procédés, l’analyse prend appui sur les textes oraux et documents d’archives recueillis dans quelques chefferies du Cameroun septentrional qu’elle interprète dans une perspective pluridisciplinaire. Celle-ci emprunte ses outils à la poétique, au comparatiste et à la théorie baptisée Myth and Ritual. Il en ressort que l’investiture des chefs traditionnels s’accompagne nécessairement des performances orales. Il s’agit, d’une part, des prières, louanges et formules servant à invoquer Dieu ou certaines divinités endogènes selon le cas, et de l’autre, des chants royaux, véritables mélanges de mythes, généalogies, éloges, proverbes etc. proférés aussi bien entretenir le public que pour accréditer, former l’intronisé et légitimer sa prise de pouvoir. Par conséquent, l’entrônement donne lieu à un rituel et à une poésie orale dont les contours esthétiques, symboliques, thématiques et idéologiques sont révélateurs du caractère officiel et solennel ainsi que des enjeux institutionnels de la littérature de cour traditionnelle ou littérature d’intronisation qui, malgré sa permanence, récurrence et pertinence, tarde à être reconnue et ratifiée.
Mots clés : Littérature orale, intronisation, symboles, légitimation, pouvoir traditionnel, Nord-Cameroun.