Résumé
Le changement climatique constitue un véritable facteur de risque sanitaire dans la ville de N’Djamena. L’objectif de cette recherche est de mettre en relation la qualité de l’air chargé de poussière que respire la population de N’Djamena pendant le passage de l’harmatan et celle de la santé. Les enquêtes réalisées à l’aide de guide d’entretien, de questionnaires et GPS ont concerné les centres de santé de premiers soins et 418 ménages repartis dans différents quartiers. Les analyses de corrélation ont été faites entre les cas notifiés des différentes maladies liées au passage de l’Harmattan. Ceci a permis de voir la dynamique spatiale de ces problèmes de santé. La cartographie a été faite à partir de QGIS 13. Les résultats obtenus révèlent que les principales affections dont souffrent la population de N’Djamena durant la période de poussière sont les rhinites et la conjonctivite. Les centres de santé notifient chaque année une augmentation de 10 à 20 % des maladies respiratoires au cours des mois venteux. Il est aussi important de noter que la notification des cas est constante pendant toute l’année avec un pic pendant les mois de décembre, janvier et février. Chez les enfants de 1-4 ans, les trois premiers motifs de consultation au premier échelon sont le paludisme simple (32,04 %), les infections des voies respiratoires hautes (12,74 %) et les infections modérées des voies respiratoires basses (7,93 %). Chez les enfants de 5-14 ans, le paludisme (28,12 %) reste toujours la première cause de consultation suivi des IRA des voies hautes (5,98 %) et des IRA des voies basses modérées (5,11 %). Ces statistiques montrent combien les infections respiratoires constituent un réel problème de santé publique observable à N’Djamena.
Mots clés : changement climatique, brume sèche, Rhinites, conjonctivite, ville de Ndjamena.