YAO N’guessan Fabrice1, N’DRI Kouamé Sylvain2 et MEL Mélèdje Melaine3
1Enseignant-chercheur, Université Alassane Ouattara (Bouaké, Côte d’Ivoire), E-mail : nguessfyn@gmail.com
2Enseignant-chercheur, formateur à l’Institut Pédagogique National de l’Enseignement Technique et Professionnel (IPNETP-Abidjan, Côte d’Ivoire), E-mail : silva.kouame@gmail.com
3Enseignant-chercheur, Institut de Géographie Tropicale, Université Félix Houphouët-Boigny (IGT-Abidjan, Côte d’Ivoire) E-mail : melomail4@gmail.com
Résumé
Dans un contexte d’urbanisation rapide et de transformation des mobilités urbaines en Afrique de l’Ouest, les moto-taxis constituent une réponse informelle aux déficits structurels des systèmes de transport. À Korhogo, principale ville du nord de la Côte d’Ivoire, cette activité de transport s’est fortement développée depuis la crise politico-militaire de 2002, en raison du chômage, de la dégradation des infrastructures routières et de l’insuffisance de l’offre de transport habituel. De plus en plus, l’émergence des technologies numériques (téléphones mobiles, applications de messagerie, mobile money) transforme progressivement les pratiques de ces acteurs. À cet effet, la présente étude analyse comment les conducteurs de moto-taxis s’approprient les outils numériques pour améliorer leur activité pour s’insérer dans une dynamique de mobilité dite « intelligente ». L’étude s’appuie sur une approche qualitative et quantitative combinant analyse documentaire et observations empiriques. Les résultats montrent que les technologies numériques facilitent la mise en relation avec les clients, la sécurisation des transactions et l’organisation du travail, malgré des limites liées à l’analphabétisme et à l’informalité du secteur. L’étude conclut que l’usage du numérique par les moto-taxis à Korhogo constitue une innovation sociale informelle, révélatrice d’une adaptation locale aux enjeux contemporains de mobilité urbaine.
Mots-clés : Technologies numériques, moto-taxis, mobilité intelligente, transport informel, Korhogo.