Madiop YADE1, Mbagnick FAYE2, Dieynaba SONKO3
1Université Cheikh Anta DIOP, département de Géographie, Laboratoire de Climatologie d’Environnement (LCE), Dakar, Sénégal, BP: 5005, Email: madiop.yade@ucad.edu.sn
2Université Cheikh Anta DIOP, département de Géographie, Laboratoire de Climatologie et d’Environnement (LCE), Dakar, Sénégal, BP: 5005, Email: fayedoudou85@yahoo.fr;
3Université Cheikh Anta DIOP, département de Géographie, Laboratoire de Climatologie et d’Environnement (LCE), Dakar, Sénégal, BP: 5005, Email: dieynabas436@gmail.com
Résumé
Le littoral sénégalais, constitué d’écosystèmes divers et riches assurant de nombreux services socio-économiques, est très menacé à l’heure actuelle par les effets du changement climatique. Son climat connaît une certaine péjoration qui ne cesse de s’accentuer à travers une forte variabilité des précipitations et une hausse des températures. Cette dynamique aléatoire contribue à l’extension des terres salées, favorisant le dépérissement et le rétrécissement du couvert végétal. Cette étude tente ainsi d’analyser les influences de la variabilité pluviométrique sur la dynamique du couvert végétal et les stratégies de lutte contre la dégradation environnementale dans la zone côtière allant du sud du département Mbour aux îles du Saloum. Les stations de Mbour, Joal et Fatick sont retenues pour caractériser l’irrégularité pluviométrique à travers l’Indice Standardisé des Précipitations (ISP) et le test non paramétrique de Pettitt sur la période allant de 1961 à 2024, soit 64 ans. Pour la détection des changements d’occupation du sol, la méthode de classification supervisée est appliquée sur les images Landsat de 1985, 2000 et 2020. Les résultats décèlent une importante fluctuation pluviométrique marquée par des déficits répétitifs et de fortes sécheresses, notamment durant la période 1970-2007. L’analyse diachronique du couvert végétal met en évidence des dynamiques contrastées en fonction de l’évolution des précipitations. Entre 1985 et 2000, période coïncidant avec la sécheresse, les vasières enregistrent une progression notable (+56,41 %), tandis que les tannes (-33,45 %) et la végétation (-40,38 %) diminuent fortement. Entre 2000 et 2020, avec le retour à la normale de la pluviométrie, les vasières poursuivent leur progression avec un rythme moins soutenu (+14,38 %), la végétation connaît une forte augmentation (+68,17 %) pendant que la mangrove rétrécit faiblement (-3,6 %).
Mots clés : Changement climatique, dynamique, couvert végétal, littoral, télédétection.