Coura KANE1,2, Ndickou GAYE1,3, Birane CISSE1,3, Elhadj Abdou Karim KEBE1,3, Awa NIANG1,3, Alioune KANE1,3
1UMI SOURCE, IRD, BP 1386, CP18524, Dakar
2Université Alioune Diop de Bambey
3Université Cheikh Anta Diop de Dakar
Résumé
Les inondations au Sénégal sont marquées par leur récurrence malgré un retour timide de la pluviométrie. Elles procèdent de causes diverses notamment l’urbanisation, la topographie, l’hydrologie des zones inondées, le réseau d’assainissement et sa fonctionnalité, l’occupation anarchique de l’espace. Les actions anthropiques notamment l’augmentation des surfaces bâties ont contribué à l’imperméabilisation des sols et à la diminution de l’infiltration dans les bassins versants. Désormais, ces espaces urbains deviennent vulnérables à l’accélération du ruissellement avec l’augmentation de la vitesse de concentration des eaux de crues, dévastatrices, qui concourent à la stagnation des eaux dans les zones basses et au développement de maladies hydriques. En outre, les pluies localisées et leur concentration sur une période très courte de l’année, le mauvais aménagement, l’avancée du front urbain contribuent à l’aggravation des inondations, devenues l’aléa naturel récurrent dans les villes sénégalaises. Cette étude s’appuie sur une recherche documentaire fondée sur l’analyse de publications scientifiques, de rapports institutionnels et de travaux académiques relatifs aux inondations urbaines au Sénégal. Les données recueillies ont fait l’objet d’une analyse thématique visant à identifier les causes des inondations, leurs impacts et les stratégies d’adaptation mises en œuvre par les populations et les pouvoirs publics. D’une manière générale, le risque d’inondation concerne la quasi-totalité des communes du Sénégal, particulièrement les grandes agglomérations, à des degrés divers suivant la variation spatiale et temporelle des facteurs responsables. La situation sanitaire des populations dans les zones affectées par les inondations reste préoccupante. Les pathologies sont relatives à la contamination de l’eau potable, à la durée de stagnation des eaux et au manque d’assainissement propices à la propagation de vecteurs de maladies. Ces conditions du milieu rendent les populations vulnérables aux maladies infectieuses telles que le choléra, la rougeole ou le paludisme. Depuis trois décennies, les populations sinistrées, souvent recasées dans les édifices publics ont développé des stratégies d’adaptation et les autorités sénégalaises ont tenté d’apporter des solutions souvent techniques à l’éradication des inondations.
Mots clés : Inondations, récurrence, métropoles, vulnérabilité, santé, changement climatique, Dakar, Saint Louis