Laouna OUANG-YANG1 et MAHAMAT Nour Saleh2
1Université de Yaoundé 1 (Cameroun), ouangyanglaouna@gmail.com, https://orcid.org/0009-0002-2381-6937
2Université des Sciences et de Technologies d’Ati (Tchad), mahamatnoursalehidrissa@gmail.com
Résumé
L’étalement urbain rapide et non planifié de la ville de N’Djamena, particulièrement vers sa périphérie Est, pose d’importants défis en matière de gestion environnementale et sanitaire. Cette étude analyse les stratégies développées par les ménages de la commune du 7éme arrondissement de N’Djamena face aux carences des services publics d’assainissement. Reposant sur une approche méthodologique mixte (recherche documentaire, enquêtes quantitatives auprès de 100 ménages, entretiens semi-structurés et observations de terrain), nos résultats révèlent une forte autonomisation des populations. Pour pallier l’absence d’infrastructures d’évacuation, 53% des ménages non abonnés aux comités locaux de pré-collecte recourent à l’incinération (28%) ou au remblayage des zones inondables (9%) à l’aide de déchets solides. Concernant les effluents liquides, l’utilisation de fûts métalliques comme puisards artisanaux prédomine (60%). Bien que des initiatives de latrinisation familiale soient appuyées par des bailleurs internationaux, 5% de la population pratique encore la défécation à l’air libre dans les dépressions géographiques environnantes (boutas), accentuant la vulnérabilité sanitaire (forte prévalence du paludisme, de la typhoïde et des maladies diarrhéiques). L’article préconise une intégration des comités communautaires dans les politiques municipales de planification pour un assainissement durable.
Mots-clés : Assainissement urbain, Déchets ménagers, Stratégies d’adaptation, N’Djamena, Tchad.