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DEGRADATION DE L’HABITAT ET DES PLANTES NOURRICIERES DES FAUNES PRODUCTRICES DE PFNL DANS LA RÉSERVE DE BEINAMAR (TCHAD) – GRECE TCHAD

Charles BENAM*, Boniface GANOTA, Moksia FROUMSIA, Jules BALNA, TISSIDI David

Université de Maroua, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines et Faculté des sciences, BP 55, Maroua, CAMEROUN

* Correspondance, e-mail : charlesfilsbenam@gmail.com

 

Résumé

Les produits forestiers non ligneux d’origine animale (PFNL-A) représentent une ressource essentielle pour la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des communautés rurales au Tchad. Toutefois, leur durabilité dépend fortement de la stabilité des niches écologiques et de la disponibilité des plantes nourricières qui soutiennent les chaînes trophiques locales. Cette étude analyse le déclin des habitats fauniques et l’impact des pressions anthropiques dans la Réserve de faune de Beinamar, située dans le massif forestier de Dodjé. La méthodologie combine une recherche documentaire, des enquêtes socioéconomiques et des inventaires floristiques. Les enquêtes ont été réalisées auprès d’un échantillon de 93 personnes, réparties en 31 producteurs (agriculteurs et éleveurs), 31 producteurs de bois-énergie et 31 consommateurs de PFNL d’origine animale. En complément, 18 placettes de 900 m², espacées de 1 km, ont été installées pour les inventaires floristiques. Lesparamètres analysés incluent la densité, la dominance, le taux de régénération, le taux de mortalité et la dynamique du couvert végétal, complétés par l’analyse d’images satellitaires couvrant la période 1984 à 2024. Les résultats révèlent que 91 % des ménages dépendent du bois-énergie, accentuant la pression sur les espèces ligneuses nourricières. L’inventaire a recensé 1 486 individus appartenant à 45 espèces et 19 familles botaniques. L’analyse diachronique montre une régression des formations végétales, notamment la savane arborée (14,67 %), la savane arbustive (32,24 %) et la galerie forestière (45,50 %). Parallèlement, l’expansion des activités agricoles (6 900 ha) et pastorales (446 ha) contribue à la fragmentation des habitats. Malgré un taux de régénération de 34,28 %, celui-ci demeure insuffisant pour compenser les pressions anthropiques. Le massif forestier de Dodjé, estimé à 1 508,38 ha, présente ainsi une tendance générale à la dégradation, aggravée par l’insuffisance du contrôle forestier et l’absence d’alternatives énergétiques durables.

Mots clés : PFNL-OA, Niches écologiques, Plantes nourricières, Biodiversité faunique, Dégradation forestière, Beinamar.

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