Ousman MAHAMAT SALEH YOUSSOUF
Doctorant, Département de Géographie, Université de N’Djamena / Tchad
Résumé
La présente étude s’est déroulée dans le Département du Chari, Province du Chari- Baguirmi, Tchad. Zone agropastorale par excellence, le Département du Chari était doté d’assez des terres agricoles et des parcours pastoraux qui attirent les agriculteurs et les éleveurs qui arrivent d’autres contrées du pays. L’effectif de la population du Département estimé en 2009 à 141 969 habitants est estimée à 232 933 habitants en 2023 soit une augmentation de 61% en quinze (15) ans. L’effectif du bétail est passée également de 234220 UBT en 2015 à 392458 UBT en 2024, soit une augmentation de 60% en dix (10) ans. Sous l’effet du changement climatique, notamment la diminution des pluies et la baisse de la fertilité des sols, la production fourragère est souvent déficitaire et ne suffit pas à assurer l’alimentation du bétail. Il a été constaté que la baisse de fertilité des parcours est accentuée par le non-retour à la terre de la biomasse et surtout la matière organique (déjection des animaux) ramassée dans les parcours pastoraux et utilisée à d’autres fins. La restauration des parcours dégradés et des terres agricoles pourrait augmenter la productivité en fourrage et résidus des cultures et ainsi assurer la sécurité alimentaire du bétail. Cependant, au lieu d’amender les sols dégradés, la bouse de vaches qui est un élément clé pour la restauration physique et chimique des sols, fait l’objet d’une vente massive aux briquetiers autour des grandes agglomérations. Si aucune action n’est menée pour stopper ce phénomène qui prend de l’ampleur, les parcours ne risquent-ils pas de se dégrader davantage et compromettre leur durabilité ? L’étude menée a pour but de vérifier et évaluer sommairement l’utilisation de la matière organique dans la restauration des parcours. Sur la base d’une enquête auprès de 128 personnes dans les villages d’agropasteurs, 99,2% d’entre eux pratiquent l’élevage et l’agriculture. Bien que 86,7% d’entre eux soient conscients des méfaits du changement climatique sur les sols, seulement 49% utilisent la matière organique pour fertiliser leurs champs ou parcours. La sonnette d’alarme devrait être tirée pour trouver des solutions à ce problème qui risque de s’enraciner et compromettre la production des parcours pastoraux.
Mots clés : Dégradation, restauration, parcours pastoral, monétarisation, fumier, vache, Département du Chari, Tchad