Julie Gwladys DETHOUAS née MOUNDJOUNA DONGOLA
Université de Bangui, République centrafricaine
Courriel : juliegwladysmoundjouna@gmail.com
Résumé
Cet article analyse les mécanismes de construction, de conservation et de légitimation du pouvoir politique dans deux romans majeurs de la littérature francophone africaine : La Vie et demie de Sony Labou Tansi et En attendant le vote des bêtes sauvages d’Ahmadou Kourouma. À travers une approche sociocritique de Claude Duchet, croisée avec la théorie du pouvoir de Michel Foucault et les réflexions d’Achille Mbembe sur la post colonie, l’étude montre que la violence politique constitue le principal instrument de gouvernance des régimes dictatoriaux représentés dans ces œuvres. Les pratiques répressives, les exécutions publiques, les sacrifices humains symboliques et réels, ainsi que les rituels mystiques de légitimation participent à l’édification d’un imaginaire politique fondé sur la peur et la domination. Toutefois, les deux romanciers mettent également en scène diverses formes de résistance qui déconstruisent progressivement le mythe de l’autorité absolue. Ainsi, ces romans apparaissent comme de véritables laboratoires esthétiques où s’élaborent une critique de la tyrannie et une réflexion sur les crises de la gouvernance dans les États postcoloniaux africains.
Mots-clés : pouvoir politique, dictature, violence, sacrifice humain, roman francophone africain, sociocritique.