MAHAMAT ADOUM Haroun1, ABDOULAYE ADAM Ahmat2 et DJIMAKO Bongo3
1Université de N’Djamena, Tchad : harounmahamatadoum17@gmail.com
2Université de Moncton (Canada) : ahmatadamy21@gmail.com
3Université de N’Djamena, Tchad : djimako.b5@gmail.com
Résumé
La gestion des eaux usées hospitalières constitue un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement, en particulier là où les systèmes d’assainissement demeurent déficients. La présente étude porte sur le système de traitement des eaux usées de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN) de N’Djamena, dont la station à boues activées, conçue pour un débit de 132 m³/jour, est aujourd’hui dépassée par des volumes estimés entre 300 m³/jour, ce qui entraîne des rejets non contrôlés dans le fleuve Chari. À partir d’une démarche mixte associant recherche documentaire, observation de terrain, enquêtes par questionnaire (KoboCollect et Google Forms) et entretiens semi-structurés, un échantillon de 359 personnes (personnel et usagers) a permis d’analyser les pratiques, les connaissances et les perceptions relatives à ces rejets. Les résultats révèlent une population majoritairement jeune (70 % âgés de 26 à 35 ans), masculine (85 %) et instruite (95 % de niveau supérieur). Si 76 % des enquêtés estiment que le Chari est contaminé par ces effluents et 82 % perçoivent certainement un risque sanitaire, la connaissance précise des dangers environnementaux reste limitée. Le déversement d’effluents non traités dans le milieu naturel enfreint les normes en vigueur et aggrave la pollution d’un fleuve déjà fragilisé. L’étude propose des pistes techniques, sociales et financières adaptées au contexte tchadien pour améliorer la durabilité et la conformité du système d’assainissement hospitalier.
Mots clés : eaux usées hospitalières, assainissement, risques sanitaires, fleuve Chari, N’Djamena, Tchad.