Nanmadji NARTABÉ
École des Hautes Études Internationales et Politiques
Résumé
Espaces urbains et constructions des communautés postcoloniales au Tchad explorent les mutations urbaines de N’Djaména, Capitale du Tchad, à travers le prisme de l’occupation de l’espace, de la configuration des habitants et de la gestion de l’environnement infra-urbain. L’analyse met en lumière les dynamiques complexes qui façonnent la ville, entre révolution et déliquescence. Elle retrace le passage de Fort-Lamy à N’Djaména et examine comment la capitale a évolué sous l’effet conjugué des héritages coloniaux, des recompositions géographiques et des pratiques quotidiennes des citadins. L’étude se concentre sur la manière dont les communautés se sont organisées spatialement après l’indépendance, en décrivant les logiques d’appropriation du sol, les formes d’habitat qui se sont se sont développés et les modalités de gestion des équipements et des services urbains. Elle interroge les contraintes matérielles, les usages populaires et les interventions publiques qui ont guidées l’aménagement de la ville. L’analyse souligne les tensions entre initiatives d’innovation urbaine et processus de dégradation, ainsi que les ajustements opérés par les habitants pour s’adapter à un cadre en mutation permanente. En croisant espace, habitat et environnement, ce travail offre une compréhension approfondie des enjeux urbains de N’Djaména et invite à repenser les politiques d’aménagement et de gestion de la ville afin de mieux répondre aux besoins de la population. Il propose une réflexion sur la construction des communautés postcoloniales et sur les défis de l’urbanisation accélérée en Afrique, en plaidant pour des approches plus équitables et durables de l’organisation de l’espace urbain.
Mots-clés : Espace, construction, communauté, postcolonial, mutation, urbanisation, N’Djaména, Tchad.