Léocadie NAREMTAR
Université de N’Djamena, BP : 1117 N’Djamena
Résumé
Dans les sociétés africaines en général et tchadiennes en particulier, la tradition orale occupe une place fondamentale dans la transmission des savoirs, des normes sociales et des valeurs culturelles. Les contes constituent, à cet égard, un espace symbolique où reflètent les réalités sociales, les tensions morales et les aspirations collectives. Parmi les figures narratives récurrentes dans ces récits, celle des orphelins apparaît avec une fréquence notable. Cette étude des recueils de contes de Madi Tchazabé LOUAFAYA, Contes Moundang du Tchad (1990) ; Patricia GEDAM, Retrouvailles autour du feu (2021) et Ramadan Barka TAO, Le voyage de l’hyène et de l’écureuil, (2022) analyse la représentation du « Cri silencieux des orphelins dans les contes moundang/zimé du Tchad », en mobilisant une approche croisant la Narratologie et L’Anthropologie. Sur le plan narratif, les récits s’organisent autour d’un schéma récurrent caractérisé par une situation initiale marquée par la perte des parents ou d’un parent, suivie d’un parcours initiatique jalonné d’obstacles et d’aides providentielles conduisant à la réhabilitation finale du héros. Sur le plan anthropologique, ces récits mettent en lumière les représentations sociales de l’enfance, les mécanismes de solidarité communautaire et les valeurs morales transmises par la tradition orale tchadienne. L’étude montre que les contes moundang et zimé constituent non seulement un patrimoine culturel d’une richesse, mais également un espace des préoccupations sociales relatives à la justice, à la solidarité et à la protection des individus vulnérables. Elle se propose d’examiner la manière dont ces récits mettent en scène la condition des orphelins et d’en analyser les significations sociales, symboliques et morales.
Mots-clés : Cri, silencieux, contes, moundang, zimé, Tchad.