Abdoulaye ADAM AHMAT1, Moustapha OUSMANE1, Abakar ALI3, Batran SIDICK4
¹Doctorant en géotechnique, Université de Trabzon, Turquie
²Doctorant en génie civil, Université de Moncton, Canada
³Professeur titulaire CAMES, École Nationale Supérieure des Travaux Publics (ENSTP), N’Djamena, Tchad
⁴ Doctorant, Université de N’Djamena, Tchad
Auteurs correspondants : ahmatadamy21@gmail.com ; ousmanemoustapha@gmail.com
Résumé
La construction en terre reste répandue au Tchad, où le changement climatique intensifie les pluies extrêmes au Sahel (Chagnaud et al., 2022) et accélère la dégradation par l’eau de cet habitat. Le bloc de terre comprimée (BTC) offre une alternative locale au ciment importé, mais reste peu résistant sans stabilisation. Cette étude caractérise l’argile de Gaoui et évalue l’effet de la chaux vive, stabilisant, sur le comportement mécanique du BTC, comme mesure d’adaptation. Des essais d’identification ont précédé la confection de blocs de 29,5 × 15 × 8,5 cm par compactage statique à 2 MPa, avec des teneurs en chaux vive de 0 à 10 % de la masse, testés en flexion et en compression après 7, 14 et 30 jours de cure. Le matériau est classé argile très plastique (A4, NF P 11-300). L’ajout de chaux fait chuter l’indice de plasticité de 37,6 % à 12,0 % pour 10 % de chaux. La densité sèche maximale baisse de 1,50 à 1,31 t/m³ et la teneur en eau optimale passe de 16 % à 24 %. À 30 jours, la résistance à la compression atteint 3,91 MPa pour 10 % de chaux, contre 0,93 MPa pour le sol non traité, une hausse de 320 %. Dès 6 % de chaux et 30 jours de cure, la résistance dépasse le seuil de 2 MPa retenu par des normes pour les murs de remplissage. La chaux vive offre un levier local et durable pour un habitat plus résistant aux pluies intenses.
Mots clés : Changement climatique ; Bloc de terre comprimée ; Argile de Gaoui ; Chaux vive ; Durabilité ; Résistance mécanique.