Résumé
La zone périurbaine de Kombissiri connaît un développement maraîcher intense, où l’usage des pesticides devient à la fois une nécessité économique et une source de risques sanitaires et environnementaux. Cette situation s’ancre dans un paysage social marqué par la précarité et des inégalités d’accès aux ressources. Cette recherche vise à analyser la manière dont ces inégalités sociales structurent les pratiques phytosanitaires des maraîchers et leurs modes d’adaptation face aux risques. La démarche méthodologique utilisée est l’approche mixte qui combine la méthode qualitative et quantitative. Dans une approche socio-structurale, nous avons mobilisé la théorie de l’habitus de Pierre Bourdieu (1980) et la théorie de la société du risque d’Ulrich Beck (1992). Les résultats révèlent au niveau du profil des maraîchers, une faible instruction et une précarité foncière qui limitent l’adoption de bonnes pratiques. L’analyse révèle que l’habitus (P. Bourdieu, 1980), façonné par des conditions de vie produit des dispositions pratiques qui orientent les usages des pesticides : compréhension limitée des notices, modification empirique des doses, gestion inadéquate des déchets et usage irrégulier des équipements de protection. Par ailleurs, conformément à Beck (1992), les résultats montrent que les risques liés aux pesticides ne sont pas distribués de manière égale. Les stratégies d’adaptation observées sont majoritairement informelles, inéquitables et contraintes par des ressources limitées. Enfin, l’usage des pesticides dans le maraîchage périurbain à Kombissiri est marqué par l’interaction entre position sociale, capitaux disponibles, et exposition différenciée au risque, confirmant la pertinence de l’approche socio-structurale pour comprendre les pratiques agricoles en contexte de vulnérabilité.
Mots clés : Pesticides – Inégalités sociales – Agriculture périurbaine – Maraichage – HabitusSociété du risque, Kombissiri – Burkina Faso.