Kebkiba HINFIENE1 et Abraham DAGUE2
1Enseignant-chercheur à l’Université de Pala/Tchad, Email : hinfienekebkibakebkiba@gmail.com.
2Chargé d’étude et de partenariat à ACRESIF consulting, Cabinet d’Études/Tchad. Email : abradague@gmail.com.
Résumé
L’oralité africaine constitue un patrimoine immatériel essentiel, porteur de mémoire et de cohésion sociale, mais fragilisé par les mutations contemporaines. Dans un contexte marqué par l’urbanisation, la migration et la disparition progressive des langues locales, se pose le problème de la transmission et de la préservation de ces pratiques orales. L’objectif principal de cette étude est d’analyser les dynamiques de l’oralité africaine et ses transformations à l’ère numérique, en mettant en évidence ses paradoxes, ses acteurs et ses enjeux critiques. L’approche adoptée est qualitative, fondée sur une analyse documentaire réalisée avec le logiciel NVivo. Les ouvrages et articles ont été sélectionnés selon la technique d’échantillonnage à choix raisonné, afin de retenir les références les plus pertinentes et représentatives. La codification thématique a permis de structurer les données autour de quatre axes : mémoire vivante, transmission traditionnelle, réinvention contemporaine et patrimonialisation numérique. Les résultats confirment que l’oralité africaine demeure un patrimoine vivant mais fragile, que les acteurs traditionnels continuent de jouer un rôle fondamental, et que le numérique constitue un levier majeur de réinvention, tout en comportant des risques de standardisation et de perte de diversité culturelle. La proposition finale insiste sur la nécessité de préserver l’authenticité et la diversité des récits, tout en exploitant les opportunités offertes par les technologies émergentes (IA, réalité augmentée) pour renforcer la transmission et la visibilité mondiale de l’oralité africaine.
Mots-clés : Oralité africaine ; Transmission ; Patrimonialisation numérique ; Mémoire vivante ; Réinvention contemporaine.