Résumé
Malgré l’adoption du système LMD par les universités tchadiennes en 2012, les transformations attendues dans les curricula et la gouvernance académique demeurent limitées. Ce paradoxe entre réforme affichée et stagnation systémique met en lumière les tensions entre héritages pédagogiques classiques et impératifs de modernisation induits par l’ère numérique. À travers une approche qualitative fondée sur une revue documentaire approfondie, cet article propose une lecture critique de la situation curriculaire et institutionnelle de l’Université de N’Djamena, avec un accent particulier sur la Faculté des Sciences de l’Éducation (FASED). Il interroge les limites de la réforme LMD dans son opérationnalisation, l’inadéquation des dispositifs de gouvernance et l’absence de stratégie numérique intégrée. En mobilisant des expériences comparées, notamment la Finlande, Singapour, le Québec et le Rwanda, il met en évidence les conditions nécessaires à une réforme systémique efficace. L’article propose ainsi une reconfiguration du pilotage académique, un recentrage du curriculum sur les compétences transversales et une intégration stratégique des technologies numériques. Il plaide pour une gouvernance universitaire agile, participative et contextualisée, seule à même de garantir un enseignement supérieur inclusif, pertinent et durable au Tchad.
Mots clés : curriculum universitaire, gouvernance académique, Tchad, système LMD, transformation numérique, réforme systémique, compétences transversales