Résumé

La présente étude se propose d’analyser la manière dont Médecins Sans Frontières (MSF) a adapté son mandat et ses pratiques, entre 1997 et 2014, face à un contexte particulièrement complexe en République centrafricaine, marqué par une crise sanitaire persistante, un effondrement de l’État et une fragmentation politique profonde. Pour ce faire, elle est fondée sur l’analyse de sources primaires (rapports de MSF, documents centrafricains et diverses autres organisations internationales) et d’une bibliographie spécialisée. L’implantation de MSF, dès 1997, répond à l’effondrement d’un système de santé durablement délabré. Au fil des années, l’organisation se substitue aux services publics, notamment dans les zones rurales et de conflit. Dans plusieurs préfectures, elle devient la principale, voire l’unique, acteur médical, assurant la gestion hospitalière, la vaccination, le traitement des maladies endémiques et le soutien aux populations déplacées. Ce basculement engendre des tensions éthiques et opérationnelles : difficultés d’accès à certains territoires, accusations de partialité et pression croissante pour pérenniser les dispositifs mis en place. Ces contraintes remettent en question les fondements mêmes de l’action humanitaire, conçue comme temporaire, impartiale et indépendante. Ainsi, la Centrafrique, MSF n’est plus seulement un acteur de l’urgence. Il est devenu un maillon structurant d’un système de santé parallèle, transitoire par nature, mais prolongé dans le temps.

Mots-clés : Centrafrique – Médecins Sans Frontières – État défaillant – urgence humanitaire – gouvernance parallèle.

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