*Abdelhamid NASSOUR CHERIF1, MADJIGOTO Robert2 et Allaramadji MOULDJIDE3
1Doctorant en sciences Géographiques, Université de Poitiers/Université de N’Djaména
2 Maitre de Conférences (CAMES), Département de Géographie, Université de N’Djamena/Tchad
3Docteur en Sciences Géographiques, Chercheur
Auteur correspondant : Email : abdel_nassour@yahoo.fr
Resumé
Cette étude analyse l’évolution des précipitations et le risque d’érosion dans le département de Mamdi (province du Lac, Tchad) entre 1985 et 2025. La zone, soumise à un climat sahélien et fortement dépendante des polders agricoles, présente une variabilité pluviométrique accentuée, influencée par les fluctuations du Lac Tchad. Ainsi, les fortes précipitations ne sont non seulement bénéfiques pour les cultures pluviales mais contribuent à l’érosion des sols. C’est dans ce contexte que cette étude fait appel aux données pluviométriques et thermiques provenant de l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM). Les analyses spatiales, réalisées sous ArcGIS 10.8 via l’interpolation IDW et l’indice de Fournier modéré, ainsi que les indices de Bagnouls & Gaussen et Nicholson calculés sous Excel, permettent de caractériser les périodes humides, arides et les années excédentaires ou déficitaires. Les résultats révèlent une hausse des précipitations (249–317 mm en 1985 à 348–466 mm en 2023), mais avec une irrégularité croissante. Les pluies deviennent plus intenses et érosives, augmentant le ruissellement et la dégradation des sols, particulièrement dans les secteurs ouest et centre. La variabilité interannuelle reste marquée, illustrée par des années très humides (1994, 2012, 2019, 2023) et déficitaires (1987, 1990, 2005), dont les conséquences se manifestent sur la productivité des polders de Mamdi.
Mots clés : précipitations, érosion, polders, climat sahélien, Mamdi, Tchad.