Kouadio Louis N’GUESSAN
Enseignant-Chercheur Philosophie politique et sociale, Université Alassane Ouattara (BOUAKE-Cote d’Ivoire), louiskdio@yahoo.fr,
ORCID ID : 0009-0004-0741-4422
Résumé
La liberté occupe une place essentielle dans la philosophie politique de Thomas Hobbes et constitue l’un des fondements de sa théorie de l’État. Cette étude analyse les bases théoriques de la conception hobbesienne de la liberté ainsi que sa portée dans la pensée politique moderne. S’appuyant sur une démarche analytique et herméneutique, elle montre que la liberté, chez Hobbes, ne correspond ni à une autonomie absolue de la volonté ni à l’absence de toute contrainte. Elle se définit comme l’absence d’obstacles extérieurs au mouvement ou à l’action et s’inscrit dans une anthropologie matérialiste et déterministe où l’être humain est guidé par le désir fondamental de conservation de soi. Dans l’état de nature, cette liberté se manifeste sous la forme d’un droit naturel illimité, permettant à chacun d’user de tous les moyens qu’il juge nécessaires à sa survie. Toutefois, cette situation engendre une insécurité permanente et un état de conflit généralisé. Pour remédier à cette condition, les individus concluent un pacte et instituent une autorité souveraine chargée de garantir la paix civile et la sécurité collective. La loi apparaît alors comme le cadre nécessaire à l’exercice effectif de la liberté, sans pour autant supprimer certaines libertés inaliénables liées à la préservation de soi. L’étude conclut que la pensée hobbesienne demeure pertinente pour comprendre les tensions contemporaines entre liberté individuelle, sécurité collective et souveraineté politique.
Mots-clés : Droit naturel, État, Liberté, Sécurité, Souveraineté, Thomas Hobbes.